Retour dans le passé : un mois en Mongolie (bilan)
  

Retour dans le passé : un mois en Mongolie (bilan)

Ulaanbaatar, Mongolie le 29/07/2013

 

Un mois complet, dense... la Mongolie a été la première grande étape de ce voyage, au sens où il a fallu comprendre le fonctionnement du pays, s'adapter, s'organiser, tandis que le séjour en Russie était bien plus calé avant même le départ. 

Les objectifs n'étaient pas moindres : randonner à pied, de façon autonome, dans un pays où le tourisme est géré par des tours opérators, et où les clients passent de la jeep à la yourte entre deux sorties à cheval. Rencontrer la population nomade, alors qu'on ne parle pas la langue. 

Le simple fait de quitter la capitale nous a valu deux jours largement tendus !

Aller au restaurant peut vite devenir une aventure, voire une impasse... si la carte ne dispose pas de dessin des plats !  

La question de la rencontre avec les locaux est vite devenue une obcession qui tournait comme un petit hamster dans ma tête. Et ce sujet a parfois été source d'engueulades entre nous deux. 

Quel regard portent les éleveurs sur ces deux blancs marchant et portant de lourds sacs, dans un pays qui se déplace à cheval ou en moto? Parfois de la curiosité ou de l'empathie, mais aussi de l'incompréhension. Il est probable, dans certains cas, qu'ils n'apprécient pas forcément de nous voir planter notre tente au milieu de leurs pâtures. Pour quelles raisons ? Les "dégâts" occasionnés sur l'herbe couchée par la tente ? Les cris des chiens à notre passage ? Le fait qu'on s'installe à proximité sans leur demander la permission, ou qu'au contraire on reste à l'écart ? S'attendent-ils à ce que l'on vienne les solliciter pour être hébergés chez eux pour la nuit (contre rémunération) ? 

C'est assez fréquent que les gens croisés ne nous répondent pas quand on les salue (systématiquement).  

Faut-il provoquer des rencontres en allant jusqu'aux yourtes, en y entrant même, ou mieux vaut-il attendre un signe d'invitation de leur part ? Le fait de se tenir à l'écart, au cours de nos marches ou lors du bivouac quotidien, est-il considéré comme une sorte de méfiance ou de manque d'intérêt de notre part, voire une sorte d'offense ? 

Jour après jour, j'ai relu les deux guides, seules sources d'information disponibles : d'une part, un visiteur de yourte doit arriver directement et entrer sans frapper ; de l'autre, la visite d'une yourte est quelque chose de très important, protocolaire ; elle suppose l'hospitalité, ça peut donc être vu comme une contrainte matérielle : on doit s'arrêter de travailler pour accueilllir l'hôte, lui offrir à manger et à boire. Celui qui visite doit ensuite s'attendre à recevoir dans les mêmes termes (ce qui évidemment ne peut être notre cas). On pourrait donc penser qu'en le limitant, on les soulage. Même si dans notre cas, il y aurait pour eux un cadeau au départ, un cahier pour les gosses ou un petit billet. 

J'ai observé que les passants en moto ou à cheval ne s'arrêtent pas quand ils passent à côté d'une yourte, ils font même plutôt le tour du campement, évitant de le traverser.

Et puis parfois, entre nous et les yourtes, il y a les chiens des bergers, pas forcément accueillants...

Malgré tout, il y a toujours un petit pincement au coeur chaque fois qu'on pose la tente à proximité d'une yourte : on passe peut-être à côté d'une rencontre très chouette. Et puis on se laisse entraîner par l'état d'esprit des lectures et de la communication touristique, qui mettent en avant le côté "rencontres" et "vie nomade". 

En tout cas, randonner à pied, c'est non seulement possible, mais c'est un pays idéal pour ça ! Imaginez : un pays sans propriété privée, sans clôtures... tu marches et tu campes où tu veux !! Bien sûr, il faut suivre quelques règles : rester dans les vallées, en suivant les rivières, car l'eau est rare ; partir avec un bon duvet et la garde robe adaptée à des écarts de températures de plus de 30° entre la nuit et le jour ! 

Limiter les transports dans le pays : je plains tous ces gens qui se tapent des journées entières de jeep inconfortables pour rejoindre le Gobi ou l'Altaï, alors que la steppe démarre aux portes de la capitale, qui est d'ailleurs la seule grande ville du pays. Partout ailleurs, on sort des villes à pied en 5 minutes avant de faire face aux immensités... Et les transports individuels sont hors de prix !

Et septembre est sans doute le mois idéal pour faire ça : sans les pluies de l'été, et avant l'hiver, si long, si dur... quand on pense qu'il a neigé à Ulan Baator notre dernier jour, un 29 septembre ! Et le printemps est annoncé comme une saison très instable, entre coups de chaud et ultimes tempêtes de neige....

 

Commentaires

 Kritrofr
étonnant, ce décalage... mais il est vrai que la difficulté de la langue ne doit pas aider



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