Derniers jours à Madagascar
  

Derniers jours à Madagascar

Antananarivo, Madagascar le 26/06/2013

 

26 juin, jour de la fête nationale. Une atmosphère bien calme ce matin dans les rues de la capitale, chacun cuve les THB et le toka gasy bus hier soir.

A Morondava, nous avons finalement pu prendre la mer et nous avons passé quatre jours entiers à Ankevo sur mer, un village de pêcheurs Vezos posé sur le sable, à 60 kms au sud. Des retraités français amoureux du lieu ont lancé des projets depuis 10 ans, dont des bungalows pour héberger des touristes.

Dés notre arrivée, l'endroit est bien joli, les gens accueillants, il y ici tout ce qu'il faut.... mais ça semble très "tourisme" avec des tarifs bien supérieurs à ceux que l'on a l'habitude de voir !

On savait que nous ne venions pas pour faire du volontariat, mais on avait envie d'en savoir un peu plus sur leurs projets, éventuellement de participer d'une façon ou d'une autre... mais on se rend compte que ça n'intéresse pas forcément les habitants de trop nous en parler, et surtout on sent bien que ça tourne seulement quand les gentils français sont de tournée : deux fois par an.

Des projets, ça il y en a ! Des puits, des classes suplémentaires dans les écoles, une cantine scolaire, des bourses pour les enfants qui poursuivent en second cycle, des potagers et même une tentative de rizière, avec un barrage d'irrigation frappé par un cyclone... Mais au fur et à mesure que les jours passent, on découvre une situation assez ubuesque. La bonne intention ne suffit pas toujours, et Ankevo est bien l'exemple à ne pas suivre pour un projet d'écotourisme. L'approche est très "descendante" (comme on dit dans la jargon du développement): les actions sont imaginées et lancées par les français, qui ensuite demandent aux villageois d'en assurer le suivi alors qu'ils n'ont pas tellement participé à la décision initiale. Il manque aussi des compétences : quelle stratégie en matière touristique ?  comment mettre en place un potager qui tourne et produise ? Ils pourraient acueillir des étudiants pour des longues durées (6 mois) mais d'après les villageois, ce sont les français qui bloquent. Peur de perdre le contrôle sur leur "bébé".

Pour revenir à notre propre cas, comme la traversée revient chère, autant rester longtemps, ce qui suppose des tarifs sur place raisonnables. Jusqu'à présent, on s'en est sorti pour environ 30 euros par jour pour les deux. On finit par s'arranger en mangeant directement chez la cuisinière, qui sinon prépare les repas dans une cuisine construite par les français, à des tarifs qu'elle ne choisit pas elle-même.

Il me faut ici donner quelques explications sur les tarifs dans ce pays : en fait, Madagascar n'est pas à proprement parler une "destination pas chère" pour le tourisme. Si l'on prend les 4 familles de dépenses qui concerne un tourisme (hébergement, repas, transport, visites), Mada est vraiment pas cher sur la bouffe, mais on a déjà vu moins cher pour le reste, par exemple en Bolivie ou au Guatemala. Et encore, sur la bouffe, c'est à condition de prendre ses repas dans les gargottes du copin de la rue et les hotelys populaires. Mais vous payerez au moins le double ou le triple le même plat à votre hôtel ou dans un "restaurant".

Le truc c'est que beaucoup de "vazahas" (des étrangers) viennent pour une courte durée (deux semaines, rarement plus d'un mois pour ne pas payer de frais de visas) avec un budget par jour et par personne plutôt conséquent. Un exemple : descendre une rivière en pirogue pendant trois jours, tout le service compris, c'est 120 euros par personne. Et n'espérez pas faire ça tout seul de votre côté !

L'hébergement peut vite grimper, sous peu de chercher un style européen. Le transport même en taxi brousse n'est pas donné. L'entrée dans les parcs nationaux, les guides, les sorties en tours sont chères. Mais il est possible de visiter Mada sans trop débourser, en privilégiant les échanges plutôt que le challenge sportif.

Lundi, on est rentrés à Morondava et le lendemain on a pris un taxi-brousse pour faire Morondava - Tana. Départ 10 heures du mat' (on attendait depuis 8 heures, arrivée 1 heure du mat'. Les traversées de village en pleine nuit, la veille de la fête nationale, quand tout le monde est de sortie, et sans éclairage public (évidement!) font chuter la moyenne. Dans un mercedes sprinter c'est quand même plus confortable. 

Dans 48 heures on prend l'avion pour St-Denis de la Réunion. Deux petites semaines et l'on rentre en métropole, définitivement cette fois. Le Tour du Monde est quasiment fini !!!

 

Commentaires

 Troubadourwan
Hey!! Ont-ils des lecteurs de carte SD Dans le DOM réunionnais? Nous sommes en manque de photos...Mada aura cristallisé tous les contrastes. Voyage sans image. Avez- vous fait graver votre prénom sur un grain de riz?



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